jeudi 4 octobre 2007

GUY MOQUET : NON A LA CAPORALISATION MEMORIELLE

Monsieur le Président de la République : laissez les enseignants enseigner …

Personne ne conteste à Nicolas Sarkozy le droit d’aimer sincèrement la lettre que Guy Môquet écrit le 22 octobre 1941 à ses parents quelques heures avant son exécution. Et le nouveau Président est dans son rôle lorsqu’il fait lire cette lettre au cours d’une cérémonie officielle le jour même de son entrée en fonction.
En revanche, nous ne pouvons accepter l’injonction faite aux professeurs de procéder à une lecture officielle tous les ans dans tous les établissements scolaires de France.
Sur le principe : le Chef de l’Etat n’a pas à décider du contenu de ce qui doit être enseigné.
Lire une lettre au contenu émotionnel privé, dépourvu de toute référence à l’Histoire, ne saurait constituer un acte pédagogique.
Si l’on veut garder à cette lettre son exemplarité, c’est en classe qu’il faut la lire, en cours d’année, dans un contexte expliqué par les enseignants.
De plus, cette « commémoration imposée » dans tous les collèges et lycées de France le jour dit, l’heure dite, a deux conséquences inévitables :
- la banalisation du message porté, donc tout le contraire de l’objectif recherché
- des dérives comme celle que l’on constate déjà au lycée Roland Garros où des chefs d’établissement, « plus royalistes que le roi » se prennent à amplifier l’événement jusqu’au ridicule (faire hisser les couleurs au son de la Marseillaise, faire chanter le Chant des partisans ...).
Les professeurs n’ont pas attendu l’élection de mai 2007 pour traiter de la Résistance armée au nazisme en utilisant par exemple la dernière et belle lettre envoyée à sa femme par Missak Manouchian, poète arménien, chef d’un groupe de partisans étrangers auteurs de dizaines d’attentats et tous fusillés en avril 44 par l’Armée Allemande en tant que « terroristes ».
Non, Monsieur Sarkozy, les citoyens, les enseignants ne sont pas prêts à céder à tous vos diktats ; ils ne se mettront pas au garde à vous tous les ans le même jour la même heure.
Les « éducateurs » dont vous prétendez reconnaître les compétences revendiquent leur autonomie pédagogique et choisiront, comme ils l’ont toujours fait, le lieu, le moment et méthode appropriés pour transmettre à leurs élèves les notions et valeurs qui relèvent de leur mission.
Nous soutenons tous ceux qui à La Réunion, le 29 octobre 2007, refuseront de participer à cette instrumentalisation de l’Ecole.

Saint-Denis le 4 octobre 2007
UIR-Cfdt JP RIVIERE
Sgen-Cfdt JL BELHOTE
FEP-Cfdt JP MARCHAU

mardi 2 octobre 2007

LES HEURES SUPPLEMENTAIRES NE SONT PAS DES GAINS DURABLES DE POUVOIR D’ACHAT.

Saint Denis le 30 septembre 2007

Le 1er octobre 2007 entre en application le décret portant détaxation des heures supplémentaires.
A cette occasion l’UIR Cfdt réaffirme son scepticisme quant à l’efficacité de cette mesure à procurer aux salariés un gain durable de pouvoir d’achat.

Cette promesse phare du programme présidentiel n’instaure pas d’heures supplémentaires à la carte. Celles-ci restent à la discrétion du patron mais seraient surtout la conséquence d’une augmentation de la production.

Par ailleurs au vu du taux de chômage à la Réunion, il serait plus utile d’augmenter les emplois et de négocier le pouvoir d’achat lors des Négociations Annuelles Obligatoires que de détaxer les heures supplémentaires.

L’UIR Cfdt revendique une fois de plus la structuration des branches professionnelles. Celles -ci créeraient des lieux de dialogue social où seraient prise en compte l’ensemble des problématiques des petites entreprises.

PR la Commission Exécutive
Le Secrétaire Général
Jean Pierre RIVIERE

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale : un coup dur pour les assurés sociaux et un pas de plus vers la privatisation

Saint-Denis le 25 septembre 2007

Le gouvernement a présenté hier son projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. Comme l’UIR-Cfdt pouvait s’y attendre, c’est une fois de plus les assurés sociaux qui mettront la main au portefeuille. C’est aussi l’illustration du cuisant échec de la réforme de 2004 dont les responsables annonçaient pourtant le retour à l’équilibre pour … 2007 ! Après les déremboursements des médicaments, l’installation d’une franchise de 1 euro, voici apparaître de nouvelles franchises sur les médicaments et les transports sanitaires. En faisant porter les efforts sur les seuls assurés sociaux, le gouvernement exonère les prescripteurs de leur responsabilité. D’autant plus que ces mêmes assurés ont déjà subi dans un passé récent l’augmentation du coût de la consultation.
Pour l’UIR-Cfdt non seulement ces nouvelles franchises ne règlent rien, mais elles auront comme conséquence de restreindre, voire d’exclure de l’accès aux soins toute une frange de la population Réunionnaise déjà défavorisée.
Par ailleurs, les dépenses de santé non remboursées sont ou peuvent être prises en charge par les mutuelles ou les assurances, faisant avancer ainsi un peu plus à chaque fois, et ce de manière hypocrite et insidieuse, la privatisation larvée de la Sécurité Sociale. L’assurance individuelle prenant en charge le risque de dépendance en est une preuve formelle.
Une fois de plus, ce gouvernement fait preuve d’iniquité tout en prétendant se soucier du pouvoir d’achat des citoyens. Un montant forfaitaire de contribution, donc sans rapport avec les revenus, est particulièrement scandaleux, surtout en matière de santé.
Enfin, le reversement de ces franchises au “Plan cancer et Azheimer” dénote une drôle de conception de la solidarité où les malades paient pour les malades.

Pour la Commission Exécutive
Le Secrétaire Général
Jean-Pierre RIVIERE

POLITIQUE SOCIALE DE NICOLAS SARKOZY UN DISCOURS FONDATEUR DE CASSE SOCIALE PROGRAMMÉE

Saint-Denis le 19 septembre 2007

Pour l’UIR-Cfdt les déclarations du Président de la République en matière de politique sociale sont inacceptables tant sur la forme que sur le fond.

Concernant la méthode, on peut difficilement concilier une prétendue volonté de concertation avec les partenaires sociaux et l’annonce de mesures dans des délais qui ne permettent en aucun cas un véritable dialogue social sur des réformes aussi importantes que les régimes de retraites, de santé et de chômage.

Sur le fond, l’UIR-CFDT déplore le déséquilibre des mesures. La quasi totalité des réformes annoncées reposent uniquement sur les salariés alors que dans le même temps les employeurs n’arrêtent pas de recevoir des exonérations de toutes sortes.

Dossier retraites
Qu’il s’agisse des régimes spéciaux ou de la réforme des retraites en général le Président de la République annonce dans le même temps la consultation des partenaires sociaux et les mesures qu’il compte prendre. Par ailleurs,il aurait été de bon ton que le Président s’indigne, comme il le fait pour les « privilèges » des régimes spéciaux, des privilèges outranciers des grands Patrons lors de leur licenciement.

Pré-retraites
L’UIR-Cfdt réaffirme sa revendication de renouveler le dispositif de congé solidarité pour permettre à davantage de jeunes de trouver un emploi à la Réunion.

35 heures
L’UIR-Cfdt sait que la négociation sur le temps de travail, telle qu’elle a été présentée,.est un leurre. La non représentation syndicale dans les petites entreprises, la pauvreté du dialogue social et l’absence de structuration des branches professionnelles feront que la négociation se résumera à la seule décision du patron.

Sanctions si refus d’emploi
L’UIR-Cfdt juge inacceptables les mesures annoncées car elles sanctionnent doublement les demandeurs d’emploi de la Réunion. En effet, les limites du marché local de l’emploi et l’insuffisante offre de formation sont telles que ces mesures, au-delà de leur caractère culpabilisant, sont littéralement discriminatoires.

Dépendance
Le nombre de personnes à la Réunion qui ne vivent que des minima sociaux rend totalement irréaliste et inacceptable une mesure qui consisterait à faire payer le risque de dépendance par une assurance individuelle.

Pr la Commission Exécutive
Le Secrétaire Général
Jean Pierre RIVIERE